Chers Petits Spectateurs

Lever de rideaux sur quelques mots, quelques bribes de souvenirs, soupirs...

vendredi 24 novembre 2006

Et bien oui quoi, ça va.

Bien sûr ya le lundi soir qui ressemble pas vraiment à un lundi soir.
Il a mauvaise mine le lundi. Il est fatigué le lundi.
Il sent la crevure.
Il sent l'sapin.
Du grand n'importe nawak, du genre pas drôle, du genre même carrément énervant.

Mais ça va.
Car le mercredi sourit oh ça pour sourire.
Mon atelier théâtre n'est plus maudit.
Une heure de bonheur.
Ca ne s'est jamais aussi bien passé, je perds mon temps à me remémorer chaque minute.
Et le clown, le clown, les enfants ça lui va bien.
Ces quatre garçons, j'étais tellement en symbiose avec eux.
Ils me proposaient sans cesse.
Enfin enfin, j'ai réussi à leur faire toucher du bout de leur nez rouge le concept de sincérité.
C'était beau, et le goûter qui arrivait, et aucun de nous ne voulait s'arrêter là.
Et Joseph, et Benoît, et Gaëtan, et Aurélien.
Qui ne se connaissaient pas trop à la base.
Et là tout d'un coup, ils sont devenus les meilleurs amis du monde, ils ne se quittaient plus.
Zut de cornegriboudin, j'leur ai innoculé le syndrome de la troupe en même pas une heure.

Et puis le vendredi... Le matin, c'est toujours terrible.
Vendredi matin, moment de bouleversement, de catastrophe, de cruauté, et vous connaissez la suite.
Le vendredi, il ressemble à ces journées où tout va pour le mieux, quand l'amitié ne répond non plus "présente", mais "toujours prête".
Le vendredi, il a l'air d'un fou rire sur la Seine.

[Et cet été, j'vas plus pouvoir échapper à la chorale. J'deviens polyvolante à mon tour dis donc]

Posté par Bigorzazou à 23:33 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


mardi 21 novembre 2006

J'rigole quand la fête est à l'alcool, mais en fait ça me rend profondément triste.
Qu'ont-elles nos générations, à se rendre saoules à en baver, saoules à en souffrir?

Il n'y a plus vraiment d'ivresse, juste de la destruction, juste du retournement d'estomacs, les tripes par terre.
Qu'ont-elles ces générations?

No future n 'est plus un mot d'ordre, seulement un constat.
On a quoi? Plus de passé, pas d'avenir, alors on ne sait même plus faire la fête.

Ca ressemble à Underground tout ça. Partir dans tous les sens, pour ne plus y penser.
Alors quoi, ça veut dire qu'on est en guerre?

Bordel pourquoi avoir besoin d'alcool pour rire?
On ne nous a pas appris à rire, c'est ça?

Non plus personne ne prend de risque, on se tue à petit feu pour respecter les bienséances.

Et qu'est-que je dois répondre, moi, quand on me dit que non, être jeune aujourd'hui, c'est pas la meilleure des solutions.
Quoiqu'on fasse, médecine, marketting, LEA, LLCE, BEP, tous ces sigles qui ne veulent pas dire grand chose, quoiqu'on fasse c'est foutu.
Moi aussi j'y pense. C'est foutu.
Quand je vois les quinze petites places pour la seule école de marionnettes en France.
Ah bhah là, oui jme dis, c'est foutu.

Pardon de choisir vie et son pendant de cruauté...

Posté par Bigorzazou à 19:53 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 18 novembre 2006

"L'homme n'invente rien. Il ne fait que découcrir quelque chose qui existe déjà et il le transforme pour en faire autre chose, pour lui donner une valeur, que ce soit sientifique ou tout ce que vous voulez. Tout est mis à notre disposition, voyez-vous."

André Durupt, peut-êtr
e.


Je crois que j'ai assez de dessins sur mes feuilles de cours pour faire un vernissage. Au Concervatoire des Curiosités.

Mais là n'est pas la question.
Ou plutôt si, on est en plein dedans.

Après Macha Makeïeff, Roland Schön (qui a le même chapeau que moi),  et bientôt Christian Carrignon.
Ah oui c'est sûr, c'est ça qui me plaît.
J'ai encore un sourire d'hier soir, même si j'ai failli perdre mes poumons à courir comme une dératé, même si j'ai loupé un rendez-vous.

Flâner devant les oeuvres de cet artiste injustement méconnu, André Durupt.
Ouvrir des frigos, guidés, parfois déroutés, par cette petite femme qui porte le même nom que moi...

Ca fait du bien d'entendre des histoires, pour une fois.
L'histoire de la femme morte par picoration.
L'histoire du marcassin aux pattes arrières fléchies.
L'histoire du pinguin pétomane qui arrivait à faire des génuflexions.
L'histoire du pays d'Adzirie.
L'histoire des oiseaux architectes.
L'histoire de nos objets.

Alors oui moi aussi je veux raconter des histoires.
Le théÂtre, maintenant, ça veut dire autre chose.
Moi je veux juste raconter des histoires...

[Et quand le temps prend son temps, on le perd sur Aime et Sème...]

Posté par Bigorzazou à 21:49 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 13 novembre 2006

La nuit commence à tomber dès 16h.
On n'est même pas en hiver.

Le temps ne sait plus où il en est, ces jours-ci non plus.

Il y a moins de vingt-quatre heures, j'étais encore à Bordeaux.
C'était rapide, tellement rapide, le temps d'un bain d'un épisode d'un spectacle.
L'Homme aux trois prénoms, toujours aussi mélancoluc, des mots connus dans une autre langue.
Un prof de terminale qui me fait la bise.
Le lycée est far far away, vraiment.

En parallèle, le net sur lequel je traîne ma carcasse textuelle depuis bientôt deux ans a encore des surprises à me révéler.
Jeudi soir, ça faisait classe d'aller voir un concert de jazz.
Mélanger générations et envies, autour de la clarinette.
Poser des visages sur des pseudos.

C'est bizarre. Voilà une semaine que je répète cette phrase.
C'est bizarre.
C'est bizarre ces gens qu'on connaît à l'envers.
C'est bizarre ce petit rayon de soleil invisible, tous les jours dans ma boîte à mails.

On dit adieu aux lentilles. A jamais et pour toujours.
Paraît que j'ai la cornée en miettes.
Je fais mes petits yeux... Au moins pour deux mois.

J'ai envie de retourner voir les vitrines des Grands Magasins.

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samedi 4 novembre 2006

Non sans rire, ya de moins en moins de couac. Alors professeur or not professeur?
Bientôt je vous ferai part de mes progrès. Promis.

Tout à l'heure, je me les pelais dans une cabine avec la voix de la Cuisinière.
Et ya un gars qui m'a interrompue, pour me dire qu'il avait gagné 8 millions d'euros au loto. Qu'il venait de l'apprendre. Et qu'il avait besoin de le dire à quelqu'un.

- Vous êtes étudiante?

- ... Oui...

- Si je vous donnais deux mille euros pour arrondir vos fins de mois... vous n'avez qu'un mot à me dire: oui ou non.

-... Euh... Je pense qu'il y a des gens qui en ont plus besoin que moi...

[Tierce caca. Trop nulle la fille. J'aurais pu me payer un prof de clarinette.]

Cette histoire est largement inspirée de faits réels.

Posté par Bigorzazou à 20:41 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 1 novembre 2006

L'idée avait fait son petit bout de chemin, ça devenait une obsession.
Et puis à 4 heures du matin, je ne dormais toujours pas.
Alors je me suis levée, j'ai pris un sac à dos, et mis mes mitaines.

Montparnasse. Premier train. Terminus. S'éloigner de la ville, le plus possible.
Rambouillet.
Je suis sortie de la gare, puis de la ville. Jusqu'à la forêt.
J'ai vu le soleil se lever.

Après c'était un peu comme un rêve.
Ou plutôt une carte postale.
Se perdre dans la forêt, à force d'emprunter des chemins de traverse.
Les traces de sangliers et la gadoue qui fait sproutch.
Tomber sur un étang, au détour d'un sentier. La brume qui flotte au-dessus des eaux calmes. Si, comme dans les films de chevalier, tout pareil. Les hêtres dédoublés. Une vraie carte postale.

Mais surtout, surtout, mes premiers cèpes, déjà boulotés...

Posté par Bigorzazou à 20:55 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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