lundi 25 septembre 2006
Je n'ai même pas senti le train s'arrêter.
C'est un peu ça en ce moment; je flotte.
Je flotte sur les disputes peu raisonnables, je flotte au-dessus d'un concert, d'une campagne vignoblée.
Je flotte parmi les étonnants du métro, ceux qui vous racontent des histoires comme ça, le temps d'un trajet avec Mademoiselle Bubamara.
Je flotte vers celui qui n'a rien de mieux à faire que de nous offrir des sourires, mais qu'on n'arrive même pas à aborder...
Je flotte sur mes notes de clarinettes, graves, mais toujours apaisantes.
Bleu oui, ça doit être quelque chose comme ça. Bleu.
mardi 19 septembre 2006
Life is a candy with a red hot chili pepper inside

Et ça fuse comme un coeur d'artichaut.
J'dis des bêtises à longueur de journée, je ris parce que ça fait mal aux côtes.
J'paresse à Paname, fais ma romantique sur les quais de Seine, avec violons, sanglots et déchirements parce qu'on met le paquet et vive la grandiloquence des touristes nippons qui me demandent de les prendre en photo.
Ya Coeur d'or qui me dit comme ça qu'elle aime bien s'imaginer tout plein d'histoires, dès qu'elle se retrouve seule, agent secret du métro...
Et ben tu sais quoi, Coeur d'or, moi j'ai vécu tout plein d'choses quand j'étais petiote. Oui moi je suis allée en Sibérie, poursuivie par les gardes du Tsar, oui mon bateau s'est échoué sur une terre inconnue, j'ai dû m'improviser Crue Zoé; et non tu ne sais pas mais j'étais une jeune femme phtisique du 19ème qui devait s'occuper de ses enfants et de son mari imbibé d'alcool, pauvre, mais courageuse, et toujours humble dans l'adversité; et quand j'ai défié les collabos, dissimulant deux enfants juifs dans mon grenier, tu sais? Oh une fois, princesse égyptienne, j'ai dû me sacrifier pour mon peuple, ça aussi c'était terrible, mais pas autant que quand je me suis fait couper la tête, menée à l'échafaud par les révolutionnaires de 1789... J'ai essayé de me mettre de l'autre côté de la barrière, moi l'esclave noire qui a voulu libérer son peuple, après s'être enfuie... Et quand je vivais dans les favellas, ça non plus tu n'es pas au courant? Sans compter tout le temps passé à préparer des potions, sur des terres merveilleuses dont j'ai dessiné la carte! Non tu ne sais pas, tu n'étais pas là, pas encore née, ou déjà morte depuis longtemps...
La vie est un miracle oui
Maintenant j'ai, comme le beau le grand le ténébreux le frisé, une espèce de tendresse pour les gens de l'est, le genre de tendresse qui sanglote à gros violons, et qui accumule les clichés comme on mange des bonbons.
Parce que j'ai l'impression que si jamais j'vais là-bas, y'aura plein de fanfares dans la rue, des trompettes, du violon tzigane, et tout le monde qui danse...
Et puis ça me déchire quand même, c'est pas mon histoire, mais cette guerre, j'avais quel âge oh à peine cinq ans, mais cette guerre je la hais comme jamais.
Parce que les tirs de balles, c'est le seul bruit qui ne pourra jamais être musical.
C'est le seul bruit qui me dégoûte.
Je préfère les cris de douleur au moins ça c'est vivant.
Aujourd'hui je vis.
Je vis je vis je veux vivre
Je veux sentir oh sentir
Je n'en dors pas la nuit tellement j'ai soif de cette vie à l'eau de Javel.
Ya vraiment pas de quoi en faire un drame...
mardi 12 septembre 2006
Et pis j'me dis qu'un blog finalement ça sert juste à ressasser.
Répéter éternellement les même choses jusqu'au jour où on y met fin.
On fait d'la tambouille.
Un jour je boude.
Un jour je suis gaie.
Un jour je déprime à l'adieu mon deux cruel
Un jour je dégouline.
Et tout ça en boucle.
Comme un vieux disque rayé.
Mais oui mais c'est ça la vie.
Un vieux disque rayé.
Un ressassement perpétuel.
Et je pleure et je ris et je repleure et je reris.
Alors tant pis, j'continue à déblatérer ici.
J'aime bien radoter.
Ecrire que de la merde.
"Que de la merde".
Je devrais venir ici quand je suis faiguée.
Ouais ya que là que ça vaut le détour.
L'écriture automatique de la fausse bourrée, j'vous jure que ça atteint des sommets.
Du genre dont je découvre la lecture seulement le lendemain, une fois plus fraîche.
Si j'vous jure j'ai des preuves. J'viens de retomber sur les brouillons de réunions de ma dernière colo. Tout un programme.
En attendant, j'ai des courbatures de lèvres, mit gerçures en grand nombre, mais je suis heureuse de souffrir.
Bonsoir!
dimanche 3 septembre 2006
Alors bon moi comme ça, j'ai décidé de faire du boudin.
Non non même pas parce que c'est la rentrée. Toute façon moi j'ai encore deux semaines.
Juste que cette fin de vacances a un goût amer... Je ne sais pas je suis déçue.
Oh non, surtout pas la faute à ma semaine en compagnie de nus-âge cuisiniers, ni même à celle aux bulbilles strouthioniques. Encore moins au retour mascotte-chocolat des derniers jours.
Non ya juste dix ptits jours dans la forêt suisse qui m'ont fait pas mal gamberger.
Déçue, oui. En colère même.
Ah oui, parce que la môme, non seulement elle boude, mais en plus elle est pas contente.
Pas contente de ce diplôme qui n'en est pas vraiment zun, qui, par ailleurs, m'attend toujours dans les couloirs de la dédéjiesse.
Pas contente depuis le début, de voir qu'il était donné à n'importe-qui, sous prétexte que c'est bien assez cher comme ça.
Pas contente par la suite, mais bon ça je m'y attendais.
Pas contente de voir que ce n'est qu'un vaste formatage de plus.
Que là-dedans, personne n'est capable de prendre du recul vis-à-vis de cette formation.
Qu'elle n'a pas à faire figure de Sainte Parole.
Animer, animons et rond et rond petit patapon...
Surtout ne jamais laisser un enfant seul
Surtout être toujours présent pour l'occuper
Surtout ne rien lui laisser
Pas de temps
Il risque de s'ennuyer
Et là patatra, lève la queue et puis s'en va...
Résultat:
Où est l'apprentissage de l'autonomie?
La génération de demain sera spectateur ou ne sera pas.
Car l'animation, c'est ça: désapprendre l'action.
Une vraie machine à consommateurs.
(ça la fout mal pour une colo théâtre)
Animer animer animer...
Comme s'il n'y avait pas de vie dans ces enfants!
Pourquoi toutes ces filles me posaient des questions sur mon "métier"? Pourquoi avait-elles tellement hâte d'être à ma place?
Bien sûr que c'est normal de vouloir être de "l'autre côté de la barrière"! Mais en avoir "hâte"... Quelle frustration cela doit être, de nous voir agir constamment, et de ne rien pouvoir faire soi-même!
Plus aucune porte de sortie pour se "défouler".
Un temps libre déguisé.
Où il passe, ensuite, le "défoulement"?
Dans deux entorses, un déplacement de rotule, et des urgences à la clé.
Mais bon, on reste "le séjour qui a le mieux fonctionné de tout l'été", parce que l'équipe s'entendait bien et que les enfants étaient très "encadrés".
Après, un accident est un accident. Il peut surgir à n'importe-quel moment.
Mais personne ne semble remettre en cause que c'est peut-être cette omniprésence des animateurs qui a provoqué ces accidents.
Non, surtout pas!
La Sainte Parole dit que "mieux un groupe est encadré, moins les accidents surviennent"
Indiscutable, comme fait.
Alors expliquez moi comment notre chère assistante sanitaire s'est retrouvée submergée de travail pendant ces dix jours au sein d'une équipe ultra soudée et organisée, tandis qu'en douze jours, dans un autre séjour fonctionnant à l'impro totale, nous n'avons pas vu le bout de nez d'un médecin?
[A laisser en suspens]





