vendredi 16 mars 2007
2-3-4-7
Une dernière pour la route comme on dit.
Aujourd'hui, on fêterait peut-être un anniversaire, trois années de
tri des zéros et des uns (suivant l'équation de la grosse calculette).
Mais non finalement on les fêtera pas ces trois ans, parce qu' après tout ils n'ont même pas tenu trois ans.
Fini.
Après tout je n'écris plus grand chose par ici.
J'ai un nouveau petit carnet sans zéros et sans uns pour ça.
J'ai juste besoin d'un peu de sevrage à la réalité.
C'est fini.
J'ai longtemps hésité avant d'écrire cette note.
C'est le genre de truc qui te fait rechuter en moins de deux.
Mais je ne pouvais raisonnablement quitter ma scène sans vous saluer, chers petits spectateurs.
Ca va finir.
Je laisse cet endroit en suspens.
Pour me souvenir.
Peut-être que je n'y reviendrai pas.
Peut-être qu'elle sera happée par le Cimetière des données disparues.
Mais je saurai que c'est là.
Que ça a été là. Un jour. Trois ans.

Ca va peut-être finir.
dimanche 21 janvier 2007
Est-ce que lorsqu'on s'approprie une fenêtre, on emmène le paysage qui va avec?

-T'es amoureuse?
-Mieux que ça.
Ca fait deux trois jours qu'on me répète la même question.
Deux trois jours que je donne la même réponse.
Je ne sais pas si je suis vraiment capable d'expliquer.
D'expliquer que je suis heureuse. Simplement.
Il suffisait d'un coup de fil, un simple coup de fil.
Un coup qui ne fait pas mal, un coup tellement doux que c'est mieux qu'une caresse.
Et me voilà à fondre en larmes dans le métro, faute de pouvoir prendre les gens dans mes bras. Faute de sauter. Faute de hurler.
- Il y a eu des désistements, oui, ça vous intéresse toujours...?
Et puis mon premier voyage en Turakie, jeudi.
Intimae.
Il avait vraiment tout pour plaire ce spectacle.
Entre la clarinette.
Les objets.
Les marionnettes.
Ah
je ne peux vous en dire plus, allez le voir, allez le voir, ce n'est
pas racontable, c'est plus bouleversant que n'importe-quel mot.
Et puis le voyage continue. Tout le week-end.
Ce stage avec Michel Laubu, c'était WHAH.
Voir naître ces marionnettes sous ses mains, se surprendre à
manipuler quelque chose qui nous échappe, nous dépasse, prend son
autonomie malgré nous, et donne des claques sans nous ménager.
Etre
avec des acteurs pros, et se rendre compte qu'on peut s'en sortir aussi
bien qu'eux, si ce n'est plus. En théâtre, la naïveté a souvent du bon.
Et revoir le spectacle une seconde fois.
Avec un autre regard.
Je redécouvre le théâtre.
Et zut ça me passionne toujours autant.
Je reprends la décision de gâcher mon avenir.
Comme elle l'a dit si justement hier soir: "Si on avait eu le choix, on serait probablement de grands ingénieurs. Mais tu sais aussi bien que moi qu'on ne peut pas vivre sans."
Edit: Et comme promis, je vous mets mes débuts à la clarinette... Ici. C'est ma participation au défi numéro 2 de clarinette pas très nette.
mardi 16 janvier 2007
La ville entière me sourit, j'ai tous les bonhommes verts.
Joie. Joie. Joie. Joie.
Quadruple joie.
Et la vie est belle et tout le tralala.
Ah et je vous aime aussi. Même ceux que je déteste.
vendredi 12 janvier 2007
Ca faisait longtemps, ptet une éternité
Je ne sais pas si je sais encore mettre des mots sur ça.
Combien de temps?
Assez longtemps pour oublier ce que ça faisait...
Assez longtemps pour douter de l'indubitable.
La scène. Je ne savais plus pourquoi j'aimais tellement ça. Pourquoi j'avais pris la décision un jour d'en faire mon métier. Alors que j'étais promise à de grandes études ô combien prestigieuses.
Et puis ce soir...
Les "papillons dans le ventre", comme quand on est amoureux, avant de monter sur scène.
Quand Mademoiselle Bubamara était aux trente-sixièmes dessous, je riais de ressentir à nouveau ça.
Le trac.
Cette tension qui comprime le ventre en quarante mille petits paquets cadeaux, jusqu'à la première entrée sur scène.
Ce noeud d'entrailles qui galvanise, qui porte...
On oublie le reste.
On s'enfonce profondément dans l'instant.
Ce moment où tout ne tient plus qu'à un fil, où l'on a l'impression de tout contrôler, si bien que cela nous dépasse.
Quand on bascule de l'autre côté du miroir.
Zut c'est ça que je veux faire et je le sais. Pourquoi je continue à hésiter.
samedi 6 janvier 2007
Les jours coulent comme du lait...
Cette expression me trotte dans la tête... Je ne sais pas d'où elle vient, ni ce qu'elle veut dire, mais ce que je peux affirmer, c'est qu'elle s'est bel et bien installée dans les replis de mon cerveau.
Demain je rajouterai une photo.
Demain je serai plus haut sur la carte géographique.
Et ça coule comme du lait.
Quelque chose de doux, de blanc de cotonneux.
Ptet que ça coule comme de la neige finalement.
Je ne sais pas trop, à quoi ça ressemble, la neige?
Des vacances qui se déplient comme des vraies vacances.
Des journées passées à ne rien faire.
Se réfugier sous la couette, parce qu'ya bien que cet endroit qui offre un peu de chaleur, en ce moment.
Traîner sur les forums puisque c'est ma passion du moment.
Souffler dans la claribole de temps à autre, parce qu'avec ce nouveau bec c'est affreusement plus facile...
Et se lancer sérieusement dans la fabrication de marionnette. Il faut du temps qui coule comme du lait pour ça.
vendredi 15 décembre 2006
Les jours passent comme des années.
On saute à pieds joints dans l'adolescence pour retomber dans un fauteuil roulant.
Cette semaine, elle ressemble à rien, elle est comme en décalage horaire permanent.
Rien ne se passe, et pourtant ça a lieu.
Ya la Méchante Vie qui ressemble un peu à Hernani.
La bataille est purement sonore.
De l'au revoir dans l'air du temps. De l'au revoir surréaliste.
A Denfert. On démantèle le sol. Et on se retrouve séparées par un mur de carrelage blanc.
Et puis mince, pourquoi j'peux pas m'empêcher de m'inquièter.
Ya des gens qui vont pas bien, et ils ne me le disent pas, et ça serait bien, oui ça serait bien que je m'en occupe, oui j'en ai envie, je veux juste être là avec eux, je veux juste qu'ils arrêtent de se détruire comme ça à petits feux.
Tant pis, je crois que je ne pourrais pas m'arrêter de crier dans le ravin. Même si j'ai pas de réponse en contre partie.
Rhah.
mardi 12 décembre 2006
London Calling

Ah comment dire.
C'était simplement...
London quoi.
Rien que toutes les trois.
Coeur d'or, Mademoiselle Bubamara.
Et puis moi.
Tourner le dos au quotidien parisien, pour sourire à l'extraordinaire londonien.
Adieu mots, taches, pollution.
Pour deux trois jours juste nous trois, un sac sur le dos.
Et des biscuits (gâteaux?) dedans.
Bien rangés à côté de nos secrets. De nos caractères.
Un vrai road movie.
Plan d'ensemble sur nous, marchant sur le Waterloo Bridge, en hurlant notre émerveillement naïf.
Plan rapproché sur les larmes, le passé présent futur.
C'est pas l'amour qui se consume comme une cigarette, c'est l'adolescence.
On s'est rencontrées à peine rafistolées.
Un vrai road movie, comme au cinéma.
Le voyage initiatique qui nous oblige à jeter un coup d'oeil en arrière.
Les autres qu'on découvre autrement.
Les larmes alternent avec le fou rire.
Ca aurait pu s'appeler Trois françaises à Londres, ou En attendant l'Eurostar, ou n'importe-quel autre titre débile.
Comme dans tout bon road movie, on n'a même pas réussi à voir ce pour quoi on était venues à la base.
Ca ressemblait à l'adolescence ce voyage.
Entre les fripes punk gothiques de Camden Town.
Soho et son air de roman noir new-yorkais.
Les Clash en boucle dans la tête.
Et ailleurs.
Parce que oui, hurler London Calling en passant devant Big Ben, ça reste quand même super classe.
Et l'auberge à Notting Hill. Elle avait un goût de poupées russes.
On entendait toutes les langues.
Mademoiselle Bubamara a même parlé de Zagreb avec une jeune fille ex-yougoslave. Et un numéro dans sa poche.
Ca ressemblait tellement à un film, que je continue à me demander si c'était pas un rêve, tout ça.
La
pluie, les sacs qui pèsent une tonne, le café réconfortant, la boutique
d'Alice, la chance qui survient toujours au moment où on s'apprête à
perdre espoir. Comme dans un film, j'vous dis.
Et la chorale de Noël, au moment où on s'apprêtait à partir.
Mademoiselle Bubamara qui fond. Moi qui craque plus en silence.
La magie de Noël.
Cette expression absurde a enfin un sens.
Comme dans un film.
Deuxième version du road movie
jeudi 7 décembre 2006
Et oui ça y est je peux enfin ressouffler dans ma claribole...
C'est que de ventoline en perfusion, ça commençait à me manquer ça dis donc.
Je passe mon temps chez les pas nets de la clarinette.
Après les blogs, les forums, on change de drogue.
D'ailleurs, à ce propos, tadaaammm, graaaande annnonce very importante.
Puisque j'ai pris goût aux forums. J'ai décidé de créer mon mien propre.
Egosillement de tambours, etc.
Ca s'appelle l'Espace Vide.
Outre le fait qu'il porte bien son nom, cet Espace,
(Puisque personne n'y pointe le bout de son bide)
J'vais vous dire quand même quoi qui s'y passe.
(Ou s'y passera, la dernière restera)
Donc, là,
Dans mon nouvel espace internetal,
On se prend le chou.
Ah oui, ça sert à ça un forum, après tout,
Et ici, plus précisément, on parle de platal.
De théâtre quoi.
Entre autres.
De tout ce qui touche un peu à la scène, voilà.
Je cherche tout bonnement d'autres apôtres,
Qui accepteront de parler pour ne rien dire,
De se tritouiller le cerveau,
Sans toutefois s'assagir,
Dans l'emploi abusif des mots.
Suivez le guide!
lundi 4 décembre 2006
L'ironie du sort

Ah ouais, j'ai un problème dans ma façon de souffler.
Mais là, la seule chose dont j'avais besoin, c'était d'un médecin.
Le médecin qui ne vient pas.
Ah le partiel qui approche.
Et les poumons qui suivent pas putain.
Des coups de fil à droite à gauche, des messages un peu partout.
Des coups de fil, oui. Vraiment mince le fil. Ca fout les jetons de prendre conscience de sa fragilité.
Et puis on sait plus trop.
L'ambulance qui en appelle une autre.
Six personnes autour de moi qui me demandent de me déshabiller.
On me fout des électrodes, une perfu.
Je ferme les yeux. J'entends parler dans plusieurs langues.
J'ai l'impression d'être dans une série américaine.
A côté de moi, ya Doc Carter et ses deux stagiaires chinoises.
Je vois le ciel de paris défiler, coloré en bleu par les gyrophares.
Cette poche qui pendouille au plafond de l'ambulance.
La machine qui fait bip bip bip...
Rien de grave hein, allez pas vous inquièter.
J'suis juste en rogne.
Un partiel de loupé, passe encore.
Mais mobiliser une partie des urgences de l'hôpital Cochin parce qu'y a pas assez de médecins sur la région parisienne, ça m'énerve au plus haut point.
Rhah quoi.
dimanche 3 décembre 2006
Yen a qui me font halluciner, parfois.

Je deviens de plus en plus étourdie.
Petit à petit.
Entre le train que j'ai loupé l'été dernier.
Les mails et les textos, j'oublie juste d'y répondre.
L'autre jour c'était une place de théâtre.
Et dimanche dernier c'est carrément un spectacle que je ne suis pas allée voir. Avec elle.
J'en oublie même de rester en bonne santé.
On se dispute, on se fait du mal parce qu'on se fait mal, et puis finalement l'amitié ça veut ptet dire quelque chose.
On
va voir des Vies Méchantes, et on garde le sourire jusqu'à la fin du
spectacle, tant pis si les autres n'ont pas aimé, tant pis s'ils sont
partis en plein milieu, tant pis si on faisait tâche au milieu du
gratin parisien; le bonheur le plus total, c'était d'être du même avis.
Juste ça.
Des fois, yen a qui me font halluciner, oui.
Incapables de voir ce qui leur saute aux yeux. Ceux-là ne se remettent
jamais en question. Le monde entier est contre eux, et rhah. Ces
gens-là me terrifient.
Le pire, je crois, c'est de me dire que si ça se trouve j'suis juste pareille.
Finalement, j'ai quand même passé un week-end assez fabuleux.
Même si j'ose pas trop le dire.
Même si j'ai encore les bronches en bric-à-brac.
Parfois, j'aime les rencontres.





